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Photo©Daikin

Les Pompes à chaleur équipent 10 % des logements

La cinquième journée d’information sur les pompes à chaleur organisée par l’Afpac montre l’élan pris par cette solution de chauffage au moment où le gouvernement lui manifeste un fort soutien.

Après des années de développement de son marché dans le tertiaire et le résidentiel, le secteur des pompes à chaleur montre sa satisfaction, même s’il affiche un triomphe modeste.

Eric Bataille, président de l’Afpac, l’Association française des pompes à chaleur, a rappelé à l’occasion de la cinquième journée biennale d’information sur les PAC, dite J5PAC, les résultats des ventes au cours de l’année 2019.

Les pompes à chaleur sur boucle d’eau ont enregistré un bond de 82 % par rapport à 2018 en totalisant un volume distribué de 179 000 unités. Le cas français est exceptionnel, comme l’a souligné Thomas Nowak, secrétaire général de l’association européenne pour les pompes à chaleur, l’EHPA. 

Une croissance de 10 % en 2019

S’il s’est vendu 1,3 million de pompes à chaleur en Europe en 2019, la croissance par rapport à 2018 n’a été que de 10 %. La France se place ainsi en tête des marchés européens.

Thomas Nowak indique aussi la progression sensible de cette technologie au fil des ans. À ce jour, 13 millions de Pac sont installées en Europe et 110 millions de bâtiments en sont équipés, soit 10 % des logements selon lui.

De fait, ce type d’équipement, reconnu depuis 2009 parmi les solutions à énergie renouvelable et figurant dans la démarche écodesign, devrait selon lui être prise en compte dans la future réglementation européenne environnementale prévue pour 2021.

Les Pac, pour la rénovation et pour le chauffage

Les données commerciales des ventes en France, rendues publiques dès février dernier par les syndicats Pac & Clim’Info et Uniclima ont été disséquées devant les participants.

Elles enseignent particulièrement que ces Pac aérothermiques alimenteraient majoritairement le marché de la rénovation : deux tiers, soit 115 000 unités remplacent de précédents systèmes à énergies fossiles, fioul ou gaz.

En témoigne, selon Eric Bataille, la segmentation des puissances des générateurs : celles de 11 à 20 kW forment 53 % des ventes et leur croissance a atteint +185 %; même le petit segment des plus de 20 kW (1 %) a cru de 69 %.

Par ailleurs, les régimes de température produits par ces machines confirme l’usage sur des émetteurs de logements existants : 44 % des produits vendus sont capables de fournir une eau de 55-65 °C (l’augmentation de leurs ventes a été de +136 %) et 12 % fournissent une eau de plus de 65 °C (+209 %).

Pour Julien Serri, délégué aux affaires techniques des Constructeurs Aménageurs au sein de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB), les pompes à chaleur sont également très répandues sur le marché du logement neuf. Selon lui, deux tiers des maisons individuelles neuves et 8 à 10 % des logements collectifs neufs sont aujourd’hui équipés. »

22 000 Pompes à chaleur en maisons individuelles et 3000 en appartements

Cependant, les informations présentées par Christel Mollé, de l’entreprise Mitsubishi Electric et membre de l’Afpac, sur les usages des pompes à chaleur air/air, à émetteurs à détente directe, ont permis de balayer quelques a priori.

En particulier, il serait faux de croire que ces équipements ne sont destinés qu’au rafraîchissement estival. À noter que le volume des ventes enregistrées en 2019 s’est élevé à 728 000 unités, en augmentation annuelle de 27 %.

Christel Mollé rapporte une étude sur 25 000 pompes à chaleur – 22 000 en maisons individuelles et 3 000 en appartement – menée de janvier 2013 à janvier 2020 ; 65 % étaient installées dans la moitié sud de la France, 35 % dans la moitié nord.

25 % d’économie de chauffage par rapport à une solution électrique

La compilation de ces données indique que l’usage principal de ces systèmes est le chauffage 33 % de la durée annuelle de fonctionnement, que le rafraîchissement ne compte que pour 11 % de l’usage et la ventilation, 1 % ; les unités sont arrêtés 55 % du temps.

Sa conclusion est claire : en remplacement d’un chauffage électrique à effet Joule, une Pac air-air procurerait 25 % d’économie de chauffage et occasionnerait, l’été, une dépense estimée à 32 €.

On comprend tout l’intérêt d’afficher ces chiffres devant les hauts-fonctionnaires du ministère de la Transition énergétique, présents à J5PAC, pour légitimer ce qu’il est convenu d’appeler « la climatisation » dans le neuf et en rénovation au moment où la réglementation environnementale est en pleine discussion.

La pompe à chaleur portée par la politique énergétique

De l’avis même des industriels membre de l’Afpac – et cela était souligné début mars, avant « le grand confinement » –, 2020 ne devait pas voir se renouveler l’élan des ventes rencontré l’an passé.

Cependant, la programmation pluriannuelle de l’énergie présenté fin janvier et exposé lors de J5PAC par Laurent Michel, directeur général de l’Énergie et du Climat (DGEC), ne fait pas mystère de l’ouverture offerte aux pompes à chaleur.

À noter que d’ici 2030, il est prévu de multiplier par 5 la quantité de chaleur et de froid d’origine renouvelable et de récupération dans les réseaux de chaleur par rapport à 2012. À l’échéance de 2023, le volume de chaleur renouvelable doit atteindre 200 à 220 TWh ; pour 2028, il doit atteindre 218 à 247 TWh.

La chaleur renouvelable fournie par les Pac est actuellement estimée à pratiquement 30 TWh, nettement au-dessus des 25 TWh prévus par la PPE de 2016-2023.

Un objectif de 39 à 45 TWh en 2028

La nouvelle PPE indique que la chaleur renouvelable hors biomasse (bois, biocarburants et biogaz) que sont la géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur pourrait représenter 50 TWh d’ici 2028, 90 à 100 TWh d’énergie finale en 2050.

La PPE projette par ailleurs d’ici 2028 une baisse de 19 % des consommations du secteur du bâtiment et une augmentation de 50 de la chaleur renouvelable ; les objectifs de baisse de consommation du gaz, tous usages confondus, sont de -10 % en 2023 et de -22 % en 2028.

Dans ce cadre, l’objectif assigné aux pompes à chaleur aérothermiques (air-eau) est d’atteindre les 27 à 35 TWh en 2023, et 39 à 45 TWh en 2028 ; le trend actuel indique l’objectif de 45 TWh comme parfaitement atteignable.

Seul bémol pour les pompes à chaleur géothermiques. Depuis 15 ans, cette filière performante déçoit. L’objectif de la PPE 2016-2023 de 4,6 TWh en 2018 n’a pas été tenu ; le niveau de production atteint tout juste 3,5 TWh. La DGEC maintient un objectif entre 5 et 7 TWh en 2028.

Source : batirama.com

 

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